Régionales : L'interview de Christine Marin
En 21ème position sur la liste UMP, la députée de la 23ème circonscription a répondu aux questions de La Sambre.
La Sambre : Vous êtes en 21ème position sur la liste UMP du département du Nord. Etes-vous éligible pour autant ?
Christine Marin : Oui et non. Je ne serai élue que dans le cas où l'UMP est majoritaire dans le Nord-Pas-de-Calais. Si on n'y croyait pas, on ne se lancerait pas ; mais il faut être réaliste : notre région ne fait pas partie de celles qui sont susceptibles de basculer.
L.S. : Selon vous, combien de candidats de la majorité présidentielle seront élus ?
C.M. : Aucune idée ! Nous n'avons pas de véritable lisibilité sur ce scrutin. Les socialistes eux-mêmes seraient incapables de dire combien de conseillers régionaux ils auront. Même si Martine Aubry a envie de voir des drapeaux roses partout. J'en parlais encore hier avec Nicolas Sarkozy, lors d'une réunion sur les régionales...
L.S. : Vous connaissez personnellement le président de la République ?
C.M. : Personnellement, non. Mais faisant partie de la majorité présidentielle, j'ai été amenée à lui parler plusieurs fois. C'est l'homme de la réforme. Il a été vilipendé par les médias, mais quand on s'en sort comme il s'en est sorti, il faut lui tirer son chapeau.
L.S. : Comment se fait-il qu'avec votre expérience de maire, députée et ancienne conseillère régionale, vous ne vous trouviez qu'en 21ème position... alors que Marie-Sophie Lesne, conseillère municipale à Le Quesnoy, est troisième sur la liste ?
C.M. : Je trouve ça très bien ! Il faut faire la place aux jeunes : j'ai 59 ans, elle n'en a pas 40. J'ai appris il y a deux ans que lorsqu'on ne laissait pas la place aux jeunes, ils vous la prenaient. Et dans des conditions malsaines (allusion aux municipales de Jeumont en 2008, lorsque Christine Marin a été battue par benjamin Saint-Huile, ndlr). De plus c'est une fille très compétente, cela fait des années qu'elle milite et qu'elle travaille au Conseil général.
L.S. : Il n'y a que deux candidats UMP issus de l'Avesnois parmi les 25 premières places sur la liste. Trouvez-vous cela équitable ?
C.M. : On aurait pu en avoir davantage en position éligible, c'est certain. Le Lillois est un peu surreprésenté. Mais on a l'habitude, ça a toujours été comme ça.
L.S. : Que pensez-vous du projet de réforme territoriale, qui vise à diviser par deux le nombre d'élus au Département et à la Région ?
C.M. : Je préfère travailler avec quelques personnes compétentes, plutôt que beaucoup qui ne fichent rien. Et quand on aura des délégués territoriaux, on aura une vraie lisibilité. Les conseillers régionaux sont souvent inconnus des électeurs !
L.S. : Pourquoi faudrait-il voter pour la liste UMP plutôt qu'une autre ?
C.M. : Parce que nous sommes rassemblés, tout le monde a fait des sacrifices pour cela. Lors des sénatoriales de 2001, j'avais moi-même dû laisser la place à Valérie Létard alors que j'étais pressentie pour être candidate. L'important est de travailler pour l'avenir d'une région, pas pour sa propre carrière politique. D'ailleurs, quand on voit quelles sont les premières places attribuées sur la liste du PS, c'est encore la loi du népotisme !
L.S. : Et quel est le programme de la majorité présidentielle pour la Sambre-Avesnois ?
C.M. : D'abord la mise en place de vrais trains ; rendre à la Sambre le côté fluvial et touristique qu'elle mérite ; la construction de pôles d'excellence... et arrêter de se satisfaire de pas grand-chose.
Propos recueillis par Paul Robion